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Communication

Municipales Marseille : Attention aux sondages !

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La presse locale laisse croire que tout est joué d’avance pour les municipales Marseille. Même plus besoin de se déplacer au bureau de vote, les sondeurs ont déjà choisi pour vous. Ceux qui utilisent les sondages à des fins personnels aimeraient nous faire croire que tout est déjà joué d’avance. Aujourd’hui, nous parlons : modes de scrutin et sondages !

Marseille 2020 : le rôle des sondages

Contrairement à ce que l’on voudrait vous faire croire, l’élection est très loin d’être jouée à l’avance et vous allez voir pourquoi. Depuis plusieurs mois les différents candidats publient des sondages commandés par leurs équipes afin :

  • D’influencer les instances nationales pour les convaincre d’investir dans les élections ;
  • D’impressionner leurs adversaires actuels et futurs dans le cadre des premiers rapports de force ;
  • Pour convaincre d’éventuels alliés de les rejoindre.

Elections municipales vs. Élections nationales

Les municipales 2020 ne sont pas des élections nationales, notamment dans les grandes villes comme Paris, Lyon et Marseille. Parce que lors d’une élection nationale, chaque vote a la même valeur, puisqu’on est dans une élection au suffrage universel direct. C’est-à-dire que les citoyens élisent directement leur représentant.

Pendant les municipales c’est un peu différent car les électeurs élisent des conseillers municipaux qui eux-mêmes élisent le Maire. La liste qui obtient plus de 50% des votes au premier tour ou qui obtient la majorité relative au second tour rafle d’office la moitié des sièges au conseil municipal. Le reste des sièges est réparti à la proportionnelle entre toutes les listes ayant obtenues plus de 5% des voix.

Marseille 2020 : une ville avec ses spécificités

A Marseille, il y a des spécificités. Les Marseillais ne votent pas directement pour l’ensemble du conseil municipal et des conseillers municipaux. Pour ceux qui suivent les élections présidentielles américaines, vous allez voir que ça y ressemble beaucoup.

Marseille est découpée en 8 secteurs et 16 arrondissements. Chaque secteur regroupe 2 arrondissements. Chaque secteur fonctionne comme une petite municipalité avec sa mairie, son maire, son conseil de secteur composé de 16 à 32 conseillers de secteur. Et au milieu de ces conseils de secteur, il y a le conseil municipal central présidé par la Mairie de Marseille. Le Maire de Marseille est élu par tous les conseillers municipaux. Aux municipales Marseille, chaque citoyen doit élire dans son secteur, ses conseillers de secteur.

Concrètement quand vous votez aux municipales Marseille, le mode de scrutin est identique à celui qu’on a présenté précédemment. Un scrutin ou la liste obtient plus de 50% des voix au premier tour ou qui obtient la majorité relative au second tour, rafle d’office la moitié des sièges au conseil municipal de Marseille.

Pour être élu Maire de Marseille, il vous faut donc au moins 51 sièges des 101 à pourvoir. Là, on comprend bien que l’enjeu des élections municipales de 2020 à Marseille n’est pas d’obtenir le plus grand nombre de votants sur tout Marseille, mais de remporter le plus de secteurs stratégiques. Ce qui n’est pas véritablement la même chose.

En effet, vous pouvez remporter un secteur où il y a 16 sièges à pourvoir mais de manière très serrée et obtenir quand même plus de la moitié des sièges, tout en perdant largement un secteur où il l’y a que 8 sièges à pourvoir sans que cela ait un impact pour vous et vos résultats globaux.

Aux municipales Marseille, par conséquent, le mode de scrutin ne tient pas compte des résultats globaux sur tout le territoire de Marseille, mais uniquement les résultats secteur par secteur. Hors les sondages prennent des chiffres globaux qui ne disent rien sur le résultat final des élections.

Donc les pourcentages, alors qu’ils devraient, indiquer les résultats secteur par secteur, c’est-à-dire le nombre de sièges que chaque liste pourrait gagner, dans chaque secteur.

Eventuellement un sondage qui viendrait mener une telle étude, secteur par secteur pourrait être pertinent.

Des exemples gagnants

Avec un mode de scrutin similaire, l’ancien Maire de Paris, Bertrand Delanoë avait réussi à être élu en 2001 avec 4000 voix de moins que son adversaire, mais davantage de conseillers municipaux. Tout comme Gérard Collomb, qui avait été élu Maire en 2001 alors qu’il avait 10000 voix de retard par rapport à son adversaire.

Donc les sondages aujourd’hui n’ont aucune valeur légitime car tout dépend de la capacité de chaque candidat à lier des alliances dans tous les secteurs. Ils doivent aussi s’assurer que des listes dissidentes ne leur fassent perdre des voix précieuses dans des secteurs stratégiques.

 

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